Protéines et contrôle de poids

de | 30 janvier 2018

Protéines et contrôle de poids

Protéines et contrôle de poids

Protéines et contrôle de poids. En quoi les protéines aident-elles au contrôle de poids ? Quels sont les aliments qui contiennent des protéines ? Les protéines comptent parmi les nutriments les plus importants de notre alimentation. Ce sont les éléments constitutifs de chacune des cellules de notre corps. Certaines de leurs propriétés sont largement connue et elles contribuent à augmenter et à entretenir la masse musculaire.

Cependant elles sont nécessaires à la fabrication et à la réparation des tissus du corps. Ainsi ils fonctionnent comme des enzymes et des hormones, contribuant ainsi au fonctionnement normal du système immunitaire (1). Toutefois les protéines jouent un autre rôle en matière d’alimentation. Elles peuvent s’avérer utiles dans le contrôle de poids.

En  outre des études d’observation ont montré que les régimes alimentaires riches en protéines étaient associés à un IMC. (Indice de masse corporelle. mesure qui s’appuie sur votre taille et votre poids pour déterminer si votre poids se situe dans les critères de santé) ainsi qu’un tour de taille moins importants (2).

En outre, les recherches ont prouvé que les régimes alimentaires à faible apport calorique et riches en protéines sont plus efficaces que les régimes alimentaires classiques en termes de perte de poids, de réduction de la masse adipeuse, et d’entretien de la masse musculaire (2-7).

Cependant des études ont également montré qu’après la perte de poids initiale, les régimes alimentaires riches en protéines pouvaient être liés à une tendance à prévenir la reprise de poids. Le contrôle de poids est alors plus facile (3-8).

Certains des mécanismes peuvent potentiellement expliquer ces effets. Par exemple augmentation de la satiété et thermogénèse due à l’alimentation et entretien de la masse musculaire. Ils sont associés à une alimentation riche en protéines.

Contrôle de l’appétit

Certaines études ont montré que les protéines nous aidaient à nous sentir plus rassasiés. Cela permet de repousser les symptômes de la faim plus longtemps qu’avec les glucides et les lipides (9). Ces effets sont principalement dus à l’influence de la consommation des protéines sur les hormones de régulation de l’appétit et de la satiété (10-12).

Toutefois, la contribution des protéines dans la gestion de la satiété ne s’illustre pas uniquement dans le caractère plus intense et plus durable de cette sensation suite à un repas riche en protéines. Ces repas produisent une sensation de satiété à moyen terme également (12,13), qui peut se traduire par un apport calorique réduit.

Certaines études l’ont montré, les régimes alimentaires riches en protéines peuvent s’accompagner d’une réduction de l’apport calorique pouvant atteindre 440 Kcal par jour (14). Ainsi ils ont également un effet plus important sur la diminution des envies de manger tard le soir et des fringales en général, que les régimes alimentaires standards. Un élément important à considérer pour qui veut éviter de trop manger le soir et mettre fin au grignotage de fin de soirée (15).

Augmentation de la thermogénèse alimentaire

Si l’on analyse les propriétés des protéines, il est important de tenir compte de l’effet thermique qu’elles ont pendant la digestion. Ainsi la thermogénèse alimentaire, que l’on appelle aussi Effet thermique des aliments, correspond à la quantité d’énergie nécessaire pour digérer, absorber et transformer les nutriments.

Elle représente environ 10 % de la consommation journalière totale d’énergie du corps humain. Elle est influencée par la densité énergétique et la composition en macronutriments d’un repas.

C’est pourquoi les protéines produisent un effet thermique plus important que les glucides et les lipides. En fait, l’effet thermique des protéines est jusqu’à dix fois supérieur à celui des lipides, et trois fois supérieur à celui des glucides (3). Cela signifie que le corps brûle plus de calories lorsqu’il transforme les protéines que lorsqu’il transforme des lipides ou des glucides.

Le rôle de la masse musculaire

Les muscles brûlent trois fois plus de calories que la graisse. Chaque kilogramme de muscle dans le corps brûle environ 14 Kcal par jour, tandis que la graisse n’en brûle que 4,5 (16). C’est pourquoi l’entretien (ou le développement) de la masse musculaire joue un rôle clé et stimule la consommation d’énergie tout au long de la journée.

Toutefois, quiconque se lance dans une alimentation destinée à une perte de poids se trouve confronté à la difficulté de stimuler la perte de masse adipeuse tout en en entretenant la masse musculaire. Plusieurs études ont montré que s’ils permettaient une perte plus importante de poids et de graisse, les régimes alimentaires riches en protéines participaient également à l’entretien de la masse musculaire (6).

En plus de l’activité physique, l’un des stimuli les plus intéressants pour le développement de la masse musculaire, c’est un apport en protéines adapté. Pour optimiser le développement de la masse musculaire, ce n’est pas tant la quantité de protéines qui importe mais plutôt la qualité, le timing et la répartition des protéines au cours de la journée.

Plusieurs études ont montré que pour mieux stimuler les muscles, il faudrait consommer environ 20 g de protéines de qualité par repas, et plus particulièrement après une activité physique (17-21).

En plus une autre étude a également révélé qu’une répartition équilibrée de l’apport en protéines tout au long de la journée (ex : 30 g/repas) était plus intéressante qu’un apport inégal (ex : 10 g au petit déjeuner, 20 g au déjeuner et 60 g au dîner) pour développer la masse musculaire (22).

Pourtant, malgré les études réalisées, les protéines consommées sont souvent mal réparties dans la journée chez les adultes. On retrouve en effet souvent un apport faible au petit déjeuner qui n’atteint pas le seuil de 20-30 g, et un apport généralement trop important au moment du dîner (23).

Sources de protéines

Les bienfaits des protéines dans la gestion de l’appétit et du poids sont prouvés, qu’elles soient d’origine animale ou végétale (24). Les sources de protéines recommandées sont les suivantes : viandes maigres, poisson, produits laitiers, œufs, soja et autres légumineuses, ainsi que les compléments alimentaires riches en protéines.

Références
1 Institute of Medicine. Apports nutritionnels de référence en matière d’énergie, de glucides, de fibres, de lipides, d’acides Gras, de cholestérol, de protéines et d’acides aminés. 2005. Washington, DC: The National Academies Press. https://doi.org/10.17226/10490.
2 Pasiakos SM, Lieberman HR, Fulgoni VL. Les régimes alimentaires plus riches en protéines sont associés à des taux de cholestérol HDL plus élevés, un IMC plus faible et un tour de taille moins importants chez les adultes américains. J Nutr. 2015 Mar;145(3):605-14.
3 Leidy HJ, et al. Le rôle des protéines dans le contrôle et le maintien du poids. Am J Clin Nutr 2015;101(Suppl):1320S–9S.
4 Flechtner-Mors M, et al.Contrôle de poids optimisé au moyen de substituts de repas enrichis en protéines chez les patients atteints du syndrome métabolique. Diabetes Metab Res Rev. 2010 Jul;26(5):393-405.
5 Pesta DH, Samuel VT. Une alimentation riche en protéines pour réduire la masse adipeuse : mécanismes et possibles mises en garde. Nutr Metab (Lond). 2014 Nov 19;11(1):53.
6 Wycherley TP, et al. Effets d’une alimentation à apport énergétique restreint, riche en protéines et pauvre en lipides par comparaison avec une alimentation standard pauvre en lipides : une méta-analyse des essais randomisés contrôlésAm J Clin Nutr 2012;96:1281–98.
7 Layman, DK, et al. Une alimentation avec apport modéré en protéines permet une perte de poids durable et des modifications à long terme en matière de composition corporelle et de taux de lipides sanguins chez les adultes obèses. J Nutr. 2009 Mar;139(3):514-21.
8 Aller, EE., et al. Maintien de la perte de poids chez les sujets en surpoids avec une alimentation à volonté riche ou pauvre en protéines et index glycémique : résultats de l’essai DIOGÈNE sur 12 mois. Int J Obes (Lond). 2014 Dec;38(12):1511-7.
9 Dhillon, J., et al. Les effets d’un apport protéique accru sur la satiété : une méta-analyse et ses limites. J Acad Nutr Diet. 2016 Jun;116(6):968-83.
10 Bowen J et al. Les réponses des hormones de régulation de l’appétit aux diverses protéines alimentaires se différencient par IMC malgré une réduction similaire de l’apport d’énergie à volonté. The Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism.2006; 91(8): 2913-9.
11 Belza A, Ritz C, Sørensen MQ, Holst JJ, Rehfeld JF, Astrup A. Contribution des hormones gastroentéropancréatiques de l’appétit à la satiété induite par les protéines. Am J Clin Nutr. 2013 May;97(5):980-9.
12 Yang D, Liu Z, Yang H, Jue Y. Effet aigu des repas riches en protéines comparé aux repas à apport calorique standard sur la satiété et la ghréline. Eur J Nutr. 2014 Mar;53(2):493-500.
13 Westerterp-Plantenga MS, Nieuwenhuizen A, Tomé D, Soenen S, Westerterp KR. Protéines alimentaires, perte de poids et maintien du poids. Annu Rev Nutr. 2009;29:21-41.
14 Weigle DS et al. Une alimentation riche en protéines induit une réduction de l’appétit, de l’apport calorique à volonté et du poids global, malgré les modifications compensatoires en matière de profil plasmatique de leptine diurne et de concentration de ghréline. Am J Clin Nutr. 2005; 82: 41-8
15 Leidy, H.J.; Tang, M.; Armstrong, C.L.; Martin, C.B.; Campbell, W.W. Conséquences de la consommation fréquente de repas plus riches en protéines sur l’appétit et la satiété pendant la perte de poids chez les hommes en surpoids/obèses. Obesity 2011, 19,818–824.
16 Butte ND and Caballero B. (2014) Évaluation des besoins en énergie et exigences. In: Ross AC, Caballero B, Cousins RJ, Tucker KL and Ziegler TR, eds. Alimentation moderne, santé et maladie, onzième édition. Philadelphia : Wolters Kluwer Health/Lippincott Williams & Wilkins, pp. 88-101
17 Symons TB, et al. Une portion moyenne de protéines haute qualité stimule de façon optimale la synthèse des protéines dans les muscles squelettiques chez les sujets jeunes et plus âgés. J Am Diet Assoc. 2009 Sep;109(9):1582-6
18 Moore DR, et al. Dose de protéines ingérée : réponse de la synthèse des protéines des muscles et l’albumine après un exercice de résistance chez les jeunes hommes. Am J Clin Nutr 2009;89:161–8.
19 West DWD, et al. L’aminoacidémie rapide stimule la synthèse des protéines myofibrillaires et les réponses de signalisation intramusculaire anabolique après un exercice de résistance. Am J Clin Nutr 2011;94:795–803.
20 Areta JL, et al. Le timing et la répartition de l’ingestion de protéines durant une récupération prolongée après un exercice de résistance modifient la synthèse des protéines myofibrillaires. J Physiol. 2013 May 1;591(9):2319-31.
21 Witard, OC. Et al. Taux de synthèse des protéines myofibrillaires suite à un repas en réponse à des doses plus importantes de protéines de petit-lait au repos et après un exercice de résistance. Am J Clin Nutr 2014; 99:86–95.
22 Mamerow MM, et al. La répartition des protéines alimentaires influence de manière positive la synthèse des protéines des muscles sur 24h chez les adultes en bonne santé. J Nutr. 2014 Jun; 144(6): 876–880.
23 Paddon-Jones, D., et al. Protéines et vieillissement optimum. Am J Clin Nutr 2015;101(Suppl):1339S–45S.
24 Neacsu M, Fyfe C, Horgan G, Johnstone AM. Contrôle de l’appétit et biomarqueurs de la satiété dans l’alimentation végétarienne (soja) et l’alimentation riche en protéines à base de viande dans le cadre de la perte de poids chez les hommes obèses : essai croisé. Am J Clin Nutr. 2014 Aug;100(2):548